Rester, venir, partir : la question du pays dans trois romans de Marie-Hélène Lafon
Marie-Hélène Lafon situe la plupart de ses romans dans son Cantal d’origine. Elle n’est pas pour autant une romancière « régionaliste ». Prenant ses distances avec cet héritage disqualifié, elle participe à un profond renouvellement des écritures du monde rural. C’est ce qu’illustre la relation contrastée au pays qu’entretiennent les personnages féminins de trois romans qui se suivent de près. Marie (Les derniers Indiens) est restée à la ferme et y vieillit en compagnie de son frère, incarnant la fin de la civilisation rurale traditionnelle, face à des voisins bruyants et entreprenants. Annette (L’annonce), venue du Nord de la France pour refaire sa vie, tente de s’intégrer à la ferme de son mari, malgré la méfiance de ses oncles et de sa soeur. Elle apporte un regard extérieur sur un monde figé dans ses habitudes. Claire (Les pays) est le personnage le plus proche de la romancière. Elle a quitté la ferme familiale pour faire des études supérieures à la Sorbonne, puis elle a fait sa vie à Paris. Mais elle garde un lien intime avec le « pays premier ». Désormais, le pays, dont il s’agit d’inscrire la trace, non sans mélancolie, n’est plus une évidence, mais une question.
Authors
- Jean-Yves Laurichesse
Institutions
- Université Toulouse - Jean Jaurès (FR)
Publication Details
- Journal
- Modern & Contemporary France
- Published
- 2026-09-18
- DOI
- https://doi.org/10.1080/09639489.2026.2710060
- Primary Topic
- Literature and Culture Studies
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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