Conquérir la scène
Résumé Au début du dix-huitième siècle, la réouverture de la Comédie-Italienne (1716), de même que l’émergence des théâtres de Foire et, bientôt, de l’opéra-comique, déstabilisent la Comédie-Française en rajeunissant les principes esthétiques des arts de la scène. Parmi les innovations des années 1720–1732, notons la naissance scénique de l’Autochtone canadien, qui trouve aisément sa place aux côtés de caractères déjà bien établis dans la tradition, au point de conquérir la scène. Or, cette figure symbolique ne coïncide pas toujours avec le « bon Sauvage » façonné par l’histoire littéraire, ni tout à fait avec les divers monstres qui affleurent dans le discours colonial portant sur les Amériques. Dans le présent article, qui examine une dizaine de pièces françaises écrites entre 1720 et 1786, il s’agira d’abord de présenter quelques versions européennes du monstre, car la vertu exemplaire de leurs vis-à-vis autochtones assombrit leurs désespérantes turpitudes. Aussi la monstruosité des personnages européens agit-elle avant tout comme un repoussoir dynamique. Ensuite, l’article s’intéressera à quelques monstres autochtones, beaucoup plus rares et extrêmement stéréotypés. Enfin, il abordera les personnages de femmes autochtones qui, d’Olivette à Zélamire, constituent des cas à part.
Authors
- Sébastien Côté
Institutions
- Carleton University (CA)
Publication Details
- Journal
- Romanic Review
- Published
- 2025-12-01
- DOI
- https://doi.org/10.1215/00358118-12104068
- Primary Topic
- Historical and Literary Analyses
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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