L’Image de l’Arabe dans la littérature du dix-huitième siècle
Résumé L’intérêt pour l’empire ottoman et le monde musulman au dix-huitième siècle s’amplifie avec la lecture des traductions du Coran et des vies de Mahomet. Le théâtre s’empare abondamment de l’Orient qui va vite devenir une mode propice aux intrigues amoureuses mais qui se transforme aussi en outil de la lutte contre l’esclavage et le fanatisme. Voltaire utilise les sentiments amoureux ou familiaux pour dénoncer ce qui y fait obstacle : les préceptes religieux. Il attaque autant le christianisme que l’islam. Durant la Révolution, Bernardin de Saint-Pierre s’empare du même sujet dans un tout autre contexte puisqu’il était fondamentalement hostile à l’esclavage aboli en 1794. On trouve des images du Musulman dans plusieurs récits, notamment dans Le Cousin de Mahomet publié par Nicolas Fromaget en 1742, dans laquelle l’image du Turc est ambivalente. Il est décrit positivement lorsqu’il s’éloigne des préceptes de la religion musulmane et vit à la manière européenne. En cela les récits illustrent l’anthropologie des Lumières qui jugent la civilisation européenne supérieure à la culture musulmane. Si la vision de l’islam se sécularise au dix-huitième siècle, elle n’est pas pour autant réhabilitée ni par Voltaire ni par les encyclopédistes.
Authors
- Pascale Pellerin
Institutions
- Université de Reims Champagne-Ardenne (FR)
Publication Details
- Journal
- Romanic Review
- Published
- 2025-12-01
- DOI
- https://doi.org/10.1215/00358118-12104088
- Primary Topic
- Islamic Studies and History
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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