Contributions de la finance comportementale à l’étude des politiques de dividende et de rachat d’actions : rôle des biais managériaux et du comportement des investisseurs dans les entreprises françaises cotées

Cette thèse analyse les politiques de distribution des entreprises françaises cotées à la lumière de la finance comportementale, en considérant conjointement les dividendes et les rachats d’actions. Ces deux instruments, au cœur des décisions financières et des stratégies de création de valeur, ont longtemps été interprétés à travers les modèles néoclassiques fondés sur la rationalité parfaite et l’efficience des marchés. Or, ces approches traditionnelles peinent à expliquer certaines régularités observées, telles que la rigidité des dividendes, les réactions asymétriques des investisseurs ou le recours stratégique aux rachats d’actions. Face à ces limites, la recherche adopte une perspective comportementale intégrant les attentes des investisseurs et les biais psychologiques des dirigeants dans la compréhension des décisions de distribution. Trois questionnements guident l’analyse : les entreprises françaises répondent-elles aux préférences des investisseurs ? Dans quelle mesure l’excès de confiance managériale influence-t-il les dividendes et les rachats ? Et enfin, comment des biais tels que l’aversion à l’ambiguïté, à la perte ou au risque affectent-ils ces décisions ? Les analyses empiriques reposent sur un panel d’entreprises françaises cotées. Des méthodologies économétriques complémentaires sont mobilisées : régressions logistiques, moindres carrés généralisés (GLS) et modèles GMM dynamiques, afin d’assurer la robustesse et de traiter les problèmes d’endogénéité. La thèse introduit également des indicateurs innovants adaptés au contexte français, tels que les Dividend Premium, Repurchase Premium et Difference Premium, ainsi que des proxys comportementaux comme la dispersion des prévisions d’analystes et les coûts anormaux. Les résultats du premier volet contredisent la théorie du Catering, indiquant que la demande des investisseurs n’exerce pas d’influence significative sur les décisions de distribution. Le second met en évidence un effet négatif de l’excès de confiance des dirigeants sur les dividendes et les rachats, en cohérence avec la théorie de l’agence. Enfin, le troisième confirme que les biais comportementaux – aversion à l’ambiguïté, aux pertes et au risque – ont également un impact négatif sur ces politiques. Ainsi, les comportements managériaux apparaissent comme des déterminants majeurs, reléguant au second plan la pression externe des investisseurs. Ces résultats soulignent la nécessité d’intégrer la dimension psychologique dans les mécanismes de gouvernance et de décision financière. Sur le plan académique, la thèse contribue à enrichir la finance comportementale d’entreprise dans un contexte institutionnel français encore peu exploré. Sur le plan managérial, elle suggère l’importance de dispositifs de gouvernance attentifs aux biais cognitifs afin de favoriser une création de valeur durable.

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2025-11-07
Primary Topic
Financial Reporting and Valuation Research
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article
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Contributions de la finance comportementale à l’étude des politiques de dividende et de rachat d’actions : rôle des biais managériaux et du comportement des investisseurs dans les entreprises françaises cotées

Mohammed Amine Rharbi
Financial Reporting and Valuation Research
article

Contributions de la finance comportementale à l’étude des politiques de dividende et de rachat d’actions : rôle des biais managériaux et du comportement des investisseurs dans les entreprises françaises cotées

Mohammed Amine Rharbi
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Abstract

Cette thèse analyse les politiques de distribution des entreprises françaises cotées à la lumière de la finance comportementale, en considérant conjointement les dividendes et les rachats d’actions. Ces deux instruments, au cœur des décisions financières et des stratégies de création de valeur, ont longtemps été interprétés à travers les modèles néoclassiques fondés sur la rationalité parfaite et l’efficience des marchés. Or, ces approches traditionnelles peinent à expliquer certaines régularités observées, telles que la rigidité des dividendes, les réactions asymétriques des investisseurs ou le recours stratégique aux rachats d’actions. Face à ces limites, la recherche adopte une perspective comportementale intégrant les attentes des investisseurs et les biais psychologiques des dirigeants dans la compréhension des décisions de distribution. Trois questionnements guident l’analyse : les entreprises françaises répondent-elles aux préférences des investisseurs ? Dans quelle mesure l’excès de confiance managériale influence-t-il les dividendes et les rachats ? Et enfin, comment des biais tels que l’aversion à l’ambiguïté, à la perte ou au risque affectent-ils ces décisions ? Les analyses empiriques reposent sur un panel d’entreprises françaises cotées. Des méthodologies économétriques complémentaires sont mobilisées : régressions logistiques, moindres carrés généralisés (GLS) et modèles GMM dynamiques, afin d’assurer la robustesse et de traiter les problèmes d’endogénéité. La thèse introduit également des indicateurs innovants adaptés au contexte français, tels que les Dividend Premium, Repurchase Premium et Difference Premium, ainsi que des proxys comportementaux comme la dispersion des prévisions d’analystes et les coûts anormaux. Les résultats du premier volet contredisent la théorie du Catering, indiquant que la demande des investisseurs n’exerce pas d’influence significative sur les décisions de distribution. Le second met en évidence un effet négatif de l’excès de confiance des dirigeants sur les dividendes et les rachats, en cohérence avec la théorie de l’agence. Enfin, le troisième confirme que les biais comportementaux – aversion à l’ambiguïté, aux pertes et au risque – ont également un impact négatif sur ces politiques. Ainsi, les comportements managériaux apparaissent comme des déterminants majeurs, reléguant au second plan la pression externe des investisseurs. Ces résultats soulignent la nécessité d’intégrer la dimension psychologique dans les mécanismes de gouvernance et de décision financière. Sur le plan académique, la thèse contribue à enrichir la finance comportementale d’entreprise dans un contexte institutionnel français encore peu exploré. Sur le plan managérial, elle suggère l’importance de dispositifs de gouvernance attentifs aux biais cognitifs afin de favoriser une création de valeur durable.

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