Du Peacebuilding Au Supply Chain Security: Le Nexus Luanda-Doha-Washington Et La Fabrication Du Dérisquage Minier Dans L’est De La RDC
Cet article analyse l'émergence d'un nouveau paradigme d'intervention internationale dans l'Est de la République Démocratique du Congo, structuré autour du nexus stratégique Luanda-Doha-Washington. Il démontre comment la convergence d'intérêts de ces acteurs opère un glissement de la consolidation de la paix (peacebuilding) vers une logique de sécurisation des chaînes d'approvisionnement (supply chain security), directement motivée par la compétition mondiale pour les critiques minières. Mobilisant une méthodologie de traçage de processus (process-tracing) et l'analyse d'accords bilatéraux (2020-2024), cette recherche révèle une division fonctionnelle des rôles associant la diplomatie logistique angolaise, le capital financier qatari et la garantie normative américaine. Les résultats mettent en lumière la fabrication d'un mécanisme de « dérisquage » minier sélectif, conçu pour immuniser les flux commerciaux contre l'instabilité locale. En conclusion, l'analyse démontre que cette stratégie privilégie la fluidité des exportations vers les marchés mondiaux au détriment de la sécurité humaine des populations locales. L'originalité de cette contribution réside dans la théorisation des effets souverains de ce modèle : en substituant la sécurité des infrastructures à la sécurité humaine, il fragmente la souveraineté congolaise en « archipels d'investissement » déconnectés des populations, reconfigurant ainsi les inégalités socio-spatiales au profit d'une logique extractive mondialisée. RÉSUMÉCet article analyse l'émergence d'un nouveau paradigme d'intervention internationale dans l'est de la République démocratique du Congo, structuré autour du lien stratégique Luanda-Doha-Washington. Il démontre comment la convergence des intérêts de ces acteurs déplace l'attention de la consolidation de la paix vers la sécurité des chaînes d'approvisionnement, directement motivée par la concurrence mondiale pour les critiques minières. À l'aide d'une méthodologie de suivi des processus et d'une analyse des accords bilatéraux (2020-2024), cette recherche révèle une division fonctionnelle des rôles impliquant la diplomatie logistique angolaise, les capitaux financiers qataris et les garanties normatives américaines. Les résultats mettent en lumière la création d'un mécanisme de « dé-risque » sélectif dans l'exploitation minière, conçu pour protéger les flux commerciaux contre l'instabilité locale. En conclusion, l'analyse démontre que cette stratégie privilégie la fluidité des exportations vers les marchés mondiaux au détriment de la sécurité humaine des populations locales. L'originalité de cette contribution réside dans la théorisation des effets souverains de ce modèle : en substituant la sécurité des infrastructures à la sécurité humaine, il fragmente la souveraineté congolaise en « archipels d'investissement » déconnectés des populations, reconfigurant ainsi les inégalités socio-spatiales au profit d'une logique extractive mondialisée.
Authors
- Mesongolo Nkoy Mafuta Rachel
- Arlette, Nzungi, Masengu
- Kabale, Amu, Amu Kabale John
Institutions
- University of Kinshasa (CD)
- Centre for Social Sciences and Humanities (IN)
Publication Details
- Journal
- International Journal of Progressive Sciences and Technologies
- Published
- 2025-12-31
- DOI
- https://doi.org/10.52155/ijpsat.v55.1.7777
- Primary Topic
- Global Politics and Economy
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
- 0.00