La mobilité domicile-travail en France : comportements à l’échelle micro et patterns à l’échelle macro micro behaviors and macro
En France, plus de 40 % de la population occupe un emploi. La grande majorité des actifs dispose d’un lieu de travail distinct du domicile et s’y rend régulièrement : il s’agit des « déplacements domicile-travail », également appelés « mobilité pendulaire » dans le contexte français. Cette forme de mobilité se caractérise par sa cyclicité dans l’espace et dans le temps, sa routinisation à l’échelle individuelle et une forte synchronisation sociale à l’échelle collective, qui est à l’origine des pics de trafic matinaux et vespéraux sur les réseaux de transport (en semaine).Cette thèse de doctorat explore les comportements de déplacement domicile-travail selon trois échelles d’analyse — micro, méso et macro — à l’échelle de la France métropolitaine.Au niveau micro, la thèse s’intéresse aux rythmes du déplacement domicile-travail et, en particulier, à la manière dont la fréquence des trajets est influencée par la distance domicile-travail, en mobilisant les données de l’Enquête Mobilité des Personnes 2019. L’analyse révèle une relation inverse marquée entre distance et fréquence mensuelle : la fréquence des trajets est systématiquement divisée par deux lors du passage d’une classe de distance à la suivante, ce qui correspond à un « facteur de décroissance avec la distance » d’environ 0,5.Au niveau méso, l’étude se concentre sur la région Île-de-France. Elle mesure la part des actifs employés dans la région mais résidant ailleurs, analyse les distances de déplacement et les modes de transport, et évalue la répartition modale du trafic ainsi que les émissions de gaz à effet de serre associées. Les résultats mettent en évidence l’importance des flux pendulaires interrégionaux dans les défis de durabilité auxquels la région est confrontée : ils ne représentent que 6,5 % des travailleurs franciliens, mais génèrent 29 % des émissions totales liées aux déplacements domicile-travail.Au niveau macro, l’analyse porte sur les variations territoriales des structures de mobilité domicile-travail à travers l’ensemble des communes françaises, à partir des données de recensement de l’INSEE (MobPro). Elle caractérise les distributions statistiques des distances entre, d’une part, la commune de résidence et les emplois effectivement occupés par ses habitants, et d’autre part, la commune de résidence et l’ensemble des opportunités d’emploi accessibles. Une classification statistique des communes met en évidence six types — de l’hyper-métropolitain au rural profond, en passant par le métropolitain, le para-métropolitain, le sub-métropolitain et le rural. La cartographie des communes révèle ainsi des structures spatiales à grande échelle sur le territoire national.En combinant approches géographiques et statistiques, cette thèse contribue à une meilleure compréhension des déterminants et des impacts du déplacement domicile-travail. Les résultats apportent des enseignements utiles à l’analyse des enquêtes de mobilité et à la modélisation des transports, dans le contexte de la transition environnementale et de la mobilité durable.
Authors
- Kang Liang (ORCID: https://orcid.org/0000-0003-3985-7688)
Publication Details
- Journal
- theses.fr (ABES)
- Published
- 2025-11-21
- Primary Topic
- Urban Transport and Accessibility
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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