Ecosystem-based and evolutionary approach to the exploitation of species
Dans le cadre des pêches, les gestions traditionnelles ont conduit au déclin de nombreuses espèces et à l'évolution rapide de leurs traits. Face à ces limitations, les scientifiques suggèrent d'abandonner les pratiques monospécifiques et d'adopter une gestion écosystémique et évolutive de l'exploitation pour prendre en compte à la fois les intérêts économiques mais aussi le statut écologique des systèmes pêchés. Cette thèse évalue les conséquences à large échelle de l'exploitation et vise à comprendre sous quelles conditions ces nouvelles approches permettent de concilier les différents objectifs de gestion. Dans la première partie, on évalue la pertinence d'une gestion basée sur la distribution de l'effort de pêche au sein d'une communauté en fonction de la structure écologique, économique de la pêcherie et des risques auxquels elle peut être confrontée. On montre que la conciliation des objectifs est seulement possible lorsque l'effort est distribué et que cela limite les risques. Dans une seconde partie, on cherche à comprendre comment la pêche peut entraîner l'évolution des tailles et quelles conséquences cela peut avoir. En ciblant préférentiellement certaines espèces et certains individus au sein de ces espèces, l'exploitation génère deux forces sélectives qui peuvent atténuer ou accentuer l'évolution des tailles et rendent les pêches aux prédateurs particulièrement dommageables. Dans une troisième partie, on change d'échelle et on cherche à comprendre si l'évolution permet d'améliorer la robustesse des réseaux trophiques face à la pêche. L'évolution aide au maintien lorsque les gestions ciblent surtout les proies ou sont balancées alors que les pêches orientées prédateurs peuvent accélérer l'évolution et menacer le maintien du réseau. Enfin, dans une dernière partie on s'intéresse à la mise en place de réserves comme solution alternative aux approches classiques. On montre que de grandes réserves agrégées favorisent la conservation des réseaux trophiques mais que la conciliation est possible lorsqu'elles sont plutôt dispersées, qu'elles couvrent une grande surface et que le niveau de protection est important. Dans son ensemble, cette thèse contribue à la mise en place d'une gestion écosystémique des pêches mais participe aussi à la compréhension des mécanismes qui régulent le fonctionnement du vivant.
Authors
- Theo Villain (ORCID: https://orcid.org/0009-0008-8626-2541)
Publication Details
- Published
- 2025-11-14
- Primary Topic
- Marine and fisheries research
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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