Etude des effets potentiels de l’exposition aux signaux 5G sur le stress oxidative et la réparation de l’AND des cellules de la peau
La bioélectromagnétique étudie la manière dont les champs électromagnétiques (CEM) interagissent avec les systèmes biologiques et affectent leur fonctionnement. Si les effets thermiques des champs de radiofréquences (RF) — tels que l’échauffement tissulaire — sont bien établis et constituent la base des normes de sécurité actuelles, les effets non thermiques à faibles niveaux d’exposition demeurent mal compris et font l’objet de résultats contradictoires dans la littérature.Avec le déploiement massif des technologies sans fil, l’exposition humaine aux CEM-RF a considérablement augmenté, soulevant des inquiétudes quant à leurs impacts possibles sur les réponses cellulaires au stress, en particulier le stress oxydatif et les dommages à l’ADN.Ce travail doctoral a examiné si des CEM-RF modulés en 5G à 3,5 GHz, appliqués à des débits d’absorption spécifique (DAS) représentatifs de l’environnement (0,08 et 4 W/kg), pouvaient induire un stress oxydatif ou interférer avec la réparation de l’ADN dans des cellules cutanées humaines in vitro.Des sondes BRET (Bioluminescence Resonance Energy Transfer) ont été spécifiquement développées pour caractériser la voie antioxydante KEAP1–NRF2 (Kelch-like ECH-associated protein 1 – Nuclear factor (erythroid-derived 2)-like 2) et le complexe de reconnaissance des dommages à l’ADN DDB1 (Damage-specific DNA-binding protein 1) / DDB2 (Damage-specific DNA-binding protein 2), afin de fournir des mesures de référence respectivement pour le stress oxydatif et la réparation de l’ADN. Toutefois, malgré une conception réussie et une validation initiale, ces sondes développées ne se sont pas révélées suffisamment reproductibles et n’ont donc pas été utilisées dans les expériences ultérieures impliquant une exposition aux CEM-RF.En alternative, nous avons employé les biocapteurs redox ROBINy basés sur le BRET, ciblant soit le cytosol soit la mitochondrie, afin de permettre un suivi en temps réel de la dynamique des espèces réactives de l’oxygène (ROS) sur une période de 24 heures. Ces essais ont été réalisés à la fois sous exposition RF seule et en combinaison avec des inducteurs bien caractérisés de ROS (H₂O₂, KP372-1 et antimycine A). Nous avons également quantifié les dimères de pyrimidine cyclobutane (CPD) — un marqueur caractéristique des dommages à l’ADN induits par les UVB — jusqu’à 48 heures après une co-exposition aux CEM-RF 5G et à une irradiation UVB (20 mJ/cm²), afin d’évaluer un impact potentiel sur la réparation par excision de nucléotides (NER).Dans des conditions rigoureusement contrôlées, incluant une dosimétrie validée et une température constante, les CEM-RF modulés en 5G à 3,5 GHz n’ont pas induit de stress oxydatif dans des fibroblastes immortalisés XP6BE. Ils n’ont pas non plus augmenté la production de ROS en présence d’inducteurs établis, que ce soit par des effets directs ou adaptatifs. De même, aucune interaction n’a été observée entre l’exposition 5G et l’irradiation UVB sur la réparation des dommages à l’ADN via la voie NER dans les kératinocytes HaCaT. Dans l’ensemble, ces résultats apportent des preuves solides que, dans le cadre expérimental testé, l’exposition aux CEM-RF 5G n’altère ni l’équilibre oxydatif ni la réparation de l’ADN, et ils fournissent des données précieuses pour l’évaluation, fondée sur les preuves, des risques sanitaires potentiels associés aux technologies 5G.
Authors
- Jana Haidar
Publication Details
- Journal
- theses.fr (ABES)
- Published
- 2025-12-11
- Primary Topic
- Electromagnetic Fields and Biological Effects
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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