Contrôle inhibiteur chez les préadolescent.e.s avec ou sans TDA/H : prise en compte de la sévérité des symptômes et de la médication psychostimulante
Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) touche environ 11,3 % des jeunes québécois·es (Diallo et al., 2019) et se caractérise notamment par des difficultés d’inhibition (Barkley, 1997). Les résultats portant sur le contrôle inhibiteur dans cette population demeurent toutefois hétérogènes : si plusieurs études rapportent un déficit comparativement aux pairs neurotypiques (Mullane et al., 2009), d’autres ne trouvent aucune différence significative (Bluschke et al., 2020). Cette hétérogénéité pourrait découler de variations des caractéristiques cliniques entre les échantillons étudiés, telle que la sévérité des symptômes, qui demeurent encore rarement considérées (Salum et al., 2014 ; Kolfer et al., 2024). L’objectif du présent essai doctoral était de comparer les capacités de contrôle inhibiteur de préadolescent·e·s neurotypiques ou ayant un TDA/H à la tâche de Flanker (une mesure reconnue du contrôle inhibiteur ; Eriksen, 1995), tout en examinant l’influence de la sévérité des symptômes du TDA/H et la prise de médication pour les traiter. Pour ce faire, 47 participant·e·s (20 avec TDA/H, 27 neurotypiques) âgé·e·s de 10 à 13 ans ont complété une tâche de Flanker, consistant à identifier une flèche centrale entourée de distracteurs congruents ou incongruents. La sévérité des symptômes du TDA/H rapportée par les parents (Conners-3-P) et la prise ou non de médication pour traiter ces symptômes ont également été recueillies. Un effet Flanker robuste a été obtenu, confirmant la sensibilité de la tâche à l’interférence cognitive (ralentissement et augmentation des erreurs aux essais incongruents comparativement aux essais congruents). Cependant, aucune différence significative entre les groupes n’a été observée à la tâche de Flanker, et ce en tenant compte de la sévérité des symptômes et de la prise de médication. En revanche, la sévérité des symptômes du TDA/H était un prédicteur significatif des temps de réaction : plus les symptômes étaient marqués, plus les participant.e.s répondaient lentement à la tâche Flanker. Dans l’ensemble, les résultats suggèrent que l’intégration de la sévérité des symptômes, de la prise de médication est pertinente dans l’étude des capacités inhibitrices chez les jeunes ayant un TDA/H et que l’hétérogénéité des données rapportées dans la littérature pourrait en partie s’expliquer par ces facteurs.
Authors
- Anabelle Guérard
Publication Details
- Journal
- Papyrus : Institutional Repository (Université de Montréal)
- Published
- 2026-02-01
- DOI
- https://doi.org/10.71781/34300
- Primary Topic
- Attention Deficit Hyperactivity Disorder
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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