La praxéologie est-elle vraiment un anti-universalisme ?
Le débat entre Michel Foucault et Paul Veyne est ici examiné plus particulièrement en relation au concept de « praxéologie » théorisé par Ludwig von Mises. Théorie générale de l’agir humain fondée sur l’axiome de l’action individuelle, la praxéologie se fonde sur l’intentionnalité de l’action, le refus du psychologisme, l’individualisme méthodologique. Pour Foucault, la praxéologie semble offrir la possibilité de se débarrasser du concept encombrant de société et de penser les actions individuelles comme autant de stratégies, formant un invariant transhistorique qui constituerait l’« universel pratique ». Pour Veyne, en revanche, l’histoire est une discipline idiographique qui étudie les faits singuliers et se rapporte à l’homme en société, non à un individu calculateur universel. Du point de vue de la pratique historienne, la praxéologie est donc non seulement inutile, mais fondamentalement fausse et inadéquate, payant un tribut tout aussi grand à l’universalisation anthropologique que Foucault voulait abandonner.
Authors
- Luca Paltrinieri
Publication Details
- Journal
- Raisons politiques
- Published
- 2026-02-04
- DOI
- https://doi.org/10.3917/rai.100.0087
- Primary Topic
- Philosophy and Social Theory
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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