Déforestation et résilience de la forêt sous pression agricole en Amazonie bolivienne : une approche socio-écologique

Le bassin amazonien abrite la plus grande forêt tropicale tout en étant le territoire de communautés autochtones et un élément très important du système climatique terrestre. La forêt amazonienne fait face aux changements climatiques et à une déforestation croissante. Mon objectif dans cette thèse était d'élucider les dynamiques de la forêt amazonienne en relation avec les processus d'utilisation des terres agricoles grâce à une approche de modélisation intégrant les rétroactions hydro- et socio-écologiques (Chap. 1) et à l'analyse de données d'usage des terres en Amazonie bolivienne (Chap.2, 3). J'ai d'abord développé un modèle d'équations différentielles couplé à un modèle socio-économique simple des changements d'utilisation des terres (Chap. 1). Mon objectif était de tester comment différents scénarios de conservation affectent la coexistence entre la forêt et l'agriculture sous diverses conditions de précipitations et différents niveaux de pression agricole (prix des cultures). Dans le chapitre 2, j'ai évalué le rôle de la protection des terres et des types de régime foncier dans le risque de déforestation en Amazonie bolivienne (2012 et 2021), en utilisant des analyses statistiques. Puis, dans le chapitre 3, j'ai étudié la probabilité de retour à un état forestier après abandon des activités agricoles, sur les mêmes données, pour obtenir une mesure directe de la résilience de la forêt. J'ai utilisé un modèle linéaire généralisé mixte spatial et temporel. Mes résultats permettent de conclure que combiner des stratégies de conservation de la forêt permet de prévenir un point de basculement irréversible de dégradation de la forêt en Amazonie bolivienne, tout en favorisant la conservation des forêts et la coexistence avec l'agriculture. Je démontre également que les aires protégées, les territoires autochtones et les terres publiques ont un effet limitant sur le risque de déforestation en Amazonie bolivienne par rapport à la plupart des catégories de propriétés privées (2012 et 2021). De plus, en Amazonie bolivienne, la déforestation est associée aux pâturages, quelle que soit la catégorie de régime foncier des terres, et dans une moindre mesure aux cultures de soja. J'ai également constaté que la majorité de la déforestation des dernières décennies s'est produite en forêt primaire, mais plus faiblement dans les aires protégées et les terres autochtones. Enfin, mes résultats sur la résilience de la forêt révèlent une probabilité élevée de recolonisation de la forêt après une perturbation agricole, mais avec une grande hétérogénéité spatiale. J'ai constaté aussi que la forêt montre moins de résilience ces deux dernières décennies qu'entre 1985 et 2000. La résilience augmentait dans les zones plus sèches, mais diminuaient là où les précipitations tendaient à diminuer. De plus, la régénération était plus rapide dans les paysages ayant une couverture forestière plus importante et avec une tendance à l'augmentation. Enfin, J'ai pu établir que la résilience diminuait avec la duration de l'usage agricole et quand il était dominé par des pâturages avant l'abandon, tandis que les paysages agricoles plus diversifiés (mosaïques) augmentent légèrement la résilience. Dans l'ensemble, je conclue que la titularisation des terres des communautés autochtones et la création d'aires protégées sont des stratégies cruciales pour réduire la déforestation, mais devront probablement être combinées à d'autres stratégies de conservation à l'avenir pour protéger la forêt tout en satisfaisant la demande locale agricole dans un contexte de changements des régimes de pluies. Mes travaux montrent aussi que la résilience de la forêt dépend beaucoup de la fragmentation, vue l'importance de la couverture forestière alentour pour la régénération locale. D'une manière générale, ma thèse souligne l'importance d'inclure les rétroactions socio-écologiques pour mieux prévenir un point de basculement dans des systèmes complexes comme la région amazonienne.

Authors

Publication Details

Journal
theses.fr (ABES)
Published
2025-11-06
Primary Topic
Conservation, Biodiversity, and Resource Management
Type
article
Field-Weighted Citation Impact
0.00
Controls
|||
ALL TIME
JAN
FEB
MAR
APR
MAY
JUN
JUL
AUG
SEP
OCT
article

Déforestation et résilience de la forêt sous pression agricole en Amazonie bolivienne : une approche socio-écologique

Rafaela Molina Vargas
theses.fr (ABES)
Conservation, Biodiversity, and Resource Management
article

Déforestation et résilience de la forêt sous pression agricole en Amazonie bolivienne : une approche socio-écologique

Rafaela Molina Vargas
article en

Abstract

Le bassin amazonien abrite la plus grande forêt tropicale tout en étant le territoire de communautés autochtones et un élément très important du système climatique terrestre. La forêt amazonienne fait face aux changements climatiques et à une déforestation croissante. Mon objectif dans cette thèse était d'élucider les dynamiques de la forêt amazonienne en relation avec les processus d'utilisation des terres agricoles grâce à une approche de modélisation intégrant les rétroactions hydro- et socio-écologiques (Chap. 1) et à l'analyse de données d'usage des terres en Amazonie bolivienne (Chap.2, 3). J'ai d'abord développé un modèle d'équations différentielles couplé à un modèle socio-économique simple des changements d'utilisation des terres (Chap. 1). Mon objectif était de tester comment différents scénarios de conservation affectent la coexistence entre la forêt et l'agriculture sous diverses conditions de précipitations et différents niveaux de pression agricole (prix des cultures). Dans le chapitre 2, j'ai évalué le rôle de la protection des terres et des types de régime foncier dans le risque de déforestation en Amazonie bolivienne (2012 et 2021), en utilisant des analyses statistiques. Puis, dans le chapitre 3, j'ai étudié la probabilité de retour à un état forestier après abandon des activités agricoles, sur les mêmes données, pour obtenir une mesure directe de la résilience de la forêt. J'ai utilisé un modèle linéaire généralisé mixte spatial et temporel. Mes résultats permettent de conclure que combiner des stratégies de conservation de la forêt permet de prévenir un point de basculement irréversible de dégradation de la forêt en Amazonie bolivienne, tout en favorisant la conservation des forêts et la coexistence avec l'agriculture. Je démontre également que les aires protégées, les territoires autochtones et les terres publiques ont un effet limitant sur le risque de déforestation en Amazonie bolivienne par rapport à la plupart des catégories de propriétés privées (2012 et 2021). De plus, en Amazonie bolivienne, la déforestation est associée aux pâturages, quelle que soit la catégorie de régime foncier des terres, et dans une moindre mesure aux cultures de soja. J'ai également constaté que la majorité de la déforestation des dernières décennies s'est produite en forêt primaire, mais plus faiblement dans les aires protégées et les terres autochtones. Enfin, mes résultats sur la résilience de la forêt révèlent une probabilité élevée de recolonisation de la forêt après une perturbation agricole, mais avec une grande hétérogénéité spatiale. J'ai constaté aussi que la forêt montre moins de résilience ces deux dernières décennies qu'entre 1985 et 2000. La résilience augmentait dans les zones plus sèches, mais diminuaient là où les précipitations tendaient à diminuer. De plus, la régénération était plus rapide dans les paysages ayant une couverture forestière plus importante et avec une tendance à l'augmentation. Enfin, J'ai pu établir que la résilience diminuait avec la duration de l'usage agricole et quand il était dominé par des pâturages avant l'abandon, tandis que les paysages agricoles plus diversifiés (mosaïques) augmentent légèrement la résilience. Dans l'ensemble, je conclue que la titularisation des terres des communautés autochtones et la création d'aires protégées sont des stratégies cruciales pour réduire la déforestation, mais devront probablement être combinées à d'autres stratégies de conservation à l'avenir pour protéger la forêt tout en satisfaisant la demande locale agricole dans un contexte de changements des régimes de pluies. Mes travaux montrent aussi que la résilience de la forêt dépend beaucoup de la fragmentation, vue l'importance de la couverture forestière alentour pour la régénération locale. D'une manière générale, ma thèse souligne l'importance d'inclure les rétroactions socio-écologiques pour mieux prévenir un point de basculement dans des systèmes complexes comme la région amazonienne.

theses.fr (ABES)
Life in Land
Openalex Percentile: Top 32%
Conservation, Biodiversity, and Resource Management
AI Navigator

Ask Laika to Summarize, Analyze, and Connect papers live on the map.

Summarize Papers & Methodologies

Extract key findings, datasets, and comparative methods across publications.

Benchmark Rankings & Visual Analytics

Rank top research institutions, authors, funders, topics, and journals by Field-Weighted Citation Impact (FWCI) and paper volume with instant charts.

Connect Distant Disciplines

Bridge topological clusters on the map to find hidden collaborative intersections.