Les heurs et malheurs du mariage femme-femme en pays kikuyu, Kenya

À partir de l’exemple kikuyu et en nous inspirant des cas de l’Afrique de l’Est, voire australe, nous présentons un regard synthétique sur le mariage femme-femme, ainsi que sur son expression actuelle au Kenya central, où il se pratique toujours, bien que de façon restreinte aujourd’hui. Nous proposons une perspective d’anthropologie historique en présentant les transformations qu’a subi ce type d’union, avant d’analyser les données issues d’entretiens que nous avons conduits entre 2019 et 2023 dans les environs de Nairobi et en Province Centrale (Nyeri et Murang’a). Nous nous fondons sur les quelques recherches conduites sur cette pratique en Afrique de l’Est où l’accomplissement personnel passe toujours par le mariage et la procréation – si possible de garçons. Paradoxalement, le mariage femme-femme renforce une représentation patrimoniale et inégalitaire des relations homme-femme. Cette union souligne la fragilité de la position des veuves ou des femmes sans enfants au sein du lignage de leur époux, puisqu’elle leur garantit une certaine stabilité dès la naissance d’un garçon. En outre, les femmes qui y recourent adhèrent à l’idéologie kikuyu qui accorde au stock de noms du lignage et à leur reproduction, ainsi qu’à la transmission de la terre du lignage une importance symbolique capitale.

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Publication Details

Journal
Journal of Eastern African Studies
Published
2025-10-02
DOI
https://doi.org/10.1080/17531055.2025.2610843
Primary Topic
African Sexualities and LGBTQ+ Issues
Type
article
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article

Les heurs et malheurs du mariage femme-femme en pays kikuyu, Kenya

Yvan Droz
Journal of Eastern African Studies
African Sexualities and LGBTQ+ Issues
article

Les heurs et malheurs du mariage femme-femme en pays kikuyu, Kenya

Yvan Droz
article en

Abstract

À partir de l’exemple kikuyu et en nous inspirant des cas de l’Afrique de l’Est, voire australe, nous présentons un regard synthétique sur le mariage femme-femme, ainsi que sur son expression actuelle au Kenya central, où il se pratique toujours, bien que de façon restreinte aujourd’hui. Nous proposons une perspective d’anthropologie historique en présentant les transformations qu’a subi ce type d’union, avant d’analyser les données issues d’entretiens que nous avons conduits entre 2019 et 2023 dans les environs de Nairobi et en Province Centrale (Nyeri et Murang’a). Nous nous fondons sur les quelques recherches conduites sur cette pratique en Afrique de l’Est où l’accomplissement personnel passe toujours par le mariage et la procréation – si possible de garçons. Paradoxalement, le mariage femme-femme renforce une représentation patrimoniale et inégalitaire des relations homme-femme. Cette union souligne la fragilité de la position des veuves ou des femmes sans enfants au sein du lignage de leur époux, puisqu’elle leur garantit une certaine stabilité dès la naissance d’un garçon. En outre, les femmes qui y recourent adhèrent à l’idéologie kikuyu qui accorde au stock de noms du lignage et à leur reproduction, ainsi qu’à la transmission de la terre du lignage une importance symbolique capitale.

Journal of Eastern African StudiesVol. 19(4)
Graduate Institute of International and Development Studies (CH)
Gender equality
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African Sexualities and LGBTQ+ Issues
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