Neuropsychological study of the relationships between apraxia and social cognition disorders in neurodegenerative diseases
L’apraxie gestuelle désigne un trouble de l’exécution volontaire de gestes, consécutif à une lésion cérébrale, qui n’est pas imputable à des troubles sensori-moteurs élémentaires, à une ataxie ou à des troubles de compréhension (Rothi et al., 1997). L’étude scientifique de l’apraxie s’est enracinée au carrefour de plusieurs épistémologies à travers le temps qui ont chacune contribué à spécifier les processus entrant en jeu dans le traitement gestuel. Ces dernières années, le champ de l’apraxie s’est ouvert à la question de la cognition sociale avec l’idée qu’il pouvait exister des manifestations apraxiques sélectives des gestes qui engagent du contenu social (Bartolo & Stieglitz Ham, 2016). Dans ce tournant théorique, la présente thèse propose d’investiguer les associations et dissociations entre apraxie et troubles de la cognition sociale dans les maladies neurodégénératives. Dans un premier temps, une revue systématique a permis de montrer que l’apraxie revêtait un caractère polymorphe dans les maladies neurodégénératives, en fonction des troubles cognitifs et des patterns d’atrophie cérébrale présentés par les patients. Dans ce contexte, les Dégénérescences Lobaires Fronto-Temporales (DLFT) pourraient constituer un modèle d’étude des relations entre apraxie et cognition sociale mais peu de données permettent actuellement de confirmer cette hypothèse. Dans un second temps, nous avons développé un protocole d’étude des relations entre apraxie et troubles de la cognition sociale comprenant quatre sets de tâches (1) des tâches expérimentales opérationnalisant les situations dans lesquelles gestes et cognition sociale pouvaient interagir ; (2) des tâches classiques d’évaluation de la cognition sociale ; (3) des tâches praxiques classiques ainsi que (4) des tâches d’évaluation neuropsychologique. Ce protocole a été administré à 18 patients présentant différents syndromes de maladies neurodégénératives, notamment des DLFT, et 18 participants contrôles appariés selon l’âge et le niveau d’étude. Les deux premières études ont permis de montrer que les patients ayant une DLFT présentaient des difficultés à comprendre le sens (étude 1) et à juger la valence et l’intensité émotionnelles (étude 2) des gestes qui véhiculaient des informations sociales (e.g., émotions, états physiques, etc.,). Les deux dernières études ont permis de montrer que les gestes pouvaient être jugés différemment selon le contexte social dans lequel ils étaient perçus (étude 3), mais que les patients ayant une DLFT présentaient des difficultés à juger les gestes en se référant aux normes sociales et au contexte (étude 4). Enfin, l’analyse des corrélations et des profils individuels a permis de mettre en évidence des associations entre les performances des patients dans les tâches expérimentales et dans les tâches de cognition sociale. Nos résultats sont donc en faveur de l’hypothèse selon laquelle la cognition sociale participerait au traitement des informations sociales véhiculées par les gestes ainsi que du contexte social dans lequel ils s’inscrivent.
Authors
- Léna Guezouli
Publication Details
- Journal
- theses.fr (ABES)
- Published
- 2025-11-14
- Primary Topic
- Action Observation and Synchronization
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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