Environmental impacts and heterogeneous effects of microeconomic decisions made by firms and workers
Cette thèse examine comment les décisions microéconomiques des entreprises et des travailleurs génèrent des dommages environnementaux et comment ces dommages se répartissent de façon hétérogène dans l'espace et entre groupes sociaux. À la croisée de l'économie de l'environnement, de l'organisation industrielle et de l'économie du travail, l'étude combine données individuelles, registres d'émissions et indicateurs de santé publique à fine résolution spatiale. Grâce à des méthodes quasi-expérimentales, elle quantifie non seulement les pertes environnementales et sanitaires imputables à certaines pratiques, mais aussi leur incidence distributive : inégalités de revenu, vulnérabilité infantile et dynamiques de gentrification verte.Le premier chapitre, co-écrit avec Patrice Bougette et Christophe Charlier, étudie les conséquences environnementales d'une pratique anticoncurrentielle entre constructeurs de poids lourds, ayant convenu d'un retard de la mise en œuvre des normes EURO entre 2000 et 2011 sur leurs véhicules. L'analyse quantifie les émissions de polluants attribuable à cette pratique et en évalue les effets sanitaires à travers les admissions hospitalières pour pathologies respiratoires à l'échelle de l'Union européenne. Les résultats montrent que des émissions significatives auraient pu être obtenues plus tôt dans un contexte concurrentiel, ce qui motive la prise en compte explicite des dommages environnementaux dans l'évaluation des préjudices liés aux cartels, même lorsque celles-ci restent conformes aux exigences de la réglementation environnementale en vigueur. Le deuxième chapitre met en évidence un effet rebond environnemental associé à la diffusion du télétravail en France. J'y examine l'évolution des concentrations de polluants atmosphériques (particules fines et ozone) dans les communes ayant connu une forte progression du nombre de télétravailleurs. Les résultats révèlent une double disparité : les communes les plus aisées présentent un effet marginal plus élevé, tandis que les communes les moins favorisées subissent une hausse globale plus importante, en raison d'une migration plus forte des télétravailleurs. Ces effets rebond soulignent que certaines transformations organisationnelles, a priori bénéfiques localement, peuvent produire des externalités négatives à l'échelle globale. Le troisième chapitre, co-écrit avec Catherine Laffineur, analyse comment l'essor du télétravail a reconfiguré la géographie de la demande immobilière dans les villes dotées d'aménités naturelles. En exploitant des données individuelles et de transactions immobilières, nous montrons que les migrations résidentielles induites par la pandémie ont contribué à la hausse des prix, en particulier dans les communes offrant un environnement naturel attractif. Ces résultats révèlent un mécanisme inédit de tri spatial des travailleurs, fondé sur l'accès aux aménités naturelles, et soulèvent des préoccupations en matière de gentrification environnementale.
Publication Details
- Journal
- theses.fr (ABES)
- Published
- 2025-10-14
- Primary Topic
- Regulation and Compliance Studies
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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