Interaction entre le sens de la propriété des objets et l'espace péripersonnel : études comportementales, neurophysiologiques et en neuroimagerie

Nous interagissons quotidiennement avec des objets présents dans notre environnement proche qui sont accessibles physiquement, et qui peuvent être manipulés. Ces objets se trouvent dans notre espace péripersonnel (EPP), un espace qui agit comme une interface motrice entre le corps et l'environnement pour l'interaction physique. Les objets situés dans l'EPP sont automatiquement encodés en termes sensori-moteurs, comme si l'organisme préparait une interaction avec eux. Toutefois, les objets présents dans le PPS ne nous appartiennent pas toujours, et nous ne pouvons donc pas toujours interagir avec eux. Cette situation peut engendrer un conflit entre (1) le codage sensori-moteur des objets, qui contribue à la préparation de l'action dirigée vers les objets dans l'EPP, et (2) le codage conceptuel fondé sur le sens de la propriété des objets, qui indique que l'interaction avec certains objets est possible, tandis qu'elle est interdite avec d'autres. Dans ce contexte, l'interaction entre l'EPP et le sens de la propriété au cours du traitement des objets reste encore mal comprise.Pour examiner cette question, une série d'études comportementales et en neuroimagerie a été menée à l'aide de tâches de jugement d'atteignabilité. Au cours de ces tâches, les participants devaient évaluer si des objets appartenant au participant ou à autrui étaient atteignables lorsqu'ils étaient placés à différentes distances. La première étude a apporté des preuves comportementales d'une interaction entre la propriété des objets et la position spatiale, avec des temps de réponse plus rapides pour les objets appartenant aux participants uniquement dans l'EPP. Les résultats ont également démontré une extension de la limite de la représentation de l'EPP pour les objets appartenant aux participants. Dans la deuxième étude, nous avons défini plus précisement cette interaction en démontrant que le contrôle inhibiteur était facilité pour les objets appartenant à soi, mais uniquement dans le PPS. Enfin, les études 3 et 4 ont mis en évidence les corrélats temporels et neuronaux des effets observés. Les données EEG ont indiqué que l'EPP influençait les traitements perceptifs précoces, tandis que le sens de la propriété affectait des étapes ultérieures post-perceptives, suggérant un processus séquentiel allant de l'encodage spatial à l'intégration d'informations conceptuelles de plus haut niveau. Les résultats en IRMf ont montré que les objets situés dans l'EPP activaient des régions pariétales impliquées dans le traitement sensori-moteur, avec des réponses plus fortes pour les objets appartenant à soi que pour ceux appartenant à autrui. De plus, les résultats ont montré que les activations dans les régions ventrale et dorsale du cortex préfrontal médian (mPFC) encodaient différemment les objets possédés par soi, de manière dépendante du contexte.Pris ensemble, ces résultats démontrent que le traitement des objets dans l'EPP n'est pas uniquement déterminé par leur proximité physique, mais est également modulé par des facteurs de haut niveau tels que le sens de la propriété. Dans ce cadre, la propriété constitue dans le PPS un indice contextuel qui module la sélection de l'action, en indiquant non seulement ce qui est physiquement accessible, mais aussi ce qui est socialement pertinent.

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Journal
theses.fr (ABES)
Published
2025-10-03
Primary Topic
Action Observation and Synchronization
Type
article
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Interaction entre le sens de la propriété des objets et l'espace péripersonnel : études comportementales, neurophysiologiques et en neuroimagerie

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Action Observation and Synchronization
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Interaction entre le sens de la propriété des objets et l'espace péripersonnel : études comportementales, neurophysiologiques et en neuroimagerie

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Abstract

Nous interagissons quotidiennement avec des objets présents dans notre environnement proche qui sont accessibles physiquement, et qui peuvent être manipulés. Ces objets se trouvent dans notre espace péripersonnel (EPP), un espace qui agit comme une interface motrice entre le corps et l'environnement pour l'interaction physique. Les objets situés dans l'EPP sont automatiquement encodés en termes sensori-moteurs, comme si l'organisme préparait une interaction avec eux. Toutefois, les objets présents dans le PPS ne nous appartiennent pas toujours, et nous ne pouvons donc pas toujours interagir avec eux. Cette situation peut engendrer un conflit entre (1) le codage sensori-moteur des objets, qui contribue à la préparation de l'action dirigée vers les objets dans l'EPP, et (2) le codage conceptuel fondé sur le sens de la propriété des objets, qui indique que l'interaction avec certains objets est possible, tandis qu'elle est interdite avec d'autres. Dans ce contexte, l'interaction entre l'EPP et le sens de la propriété au cours du traitement des objets reste encore mal comprise.Pour examiner cette question, une série d'études comportementales et en neuroimagerie a été menée à l'aide de tâches de jugement d'atteignabilité. Au cours de ces tâches, les participants devaient évaluer si des objets appartenant au participant ou à autrui étaient atteignables lorsqu'ils étaient placés à différentes distances. La première étude a apporté des preuves comportementales d'une interaction entre la propriété des objets et la position spatiale, avec des temps de réponse plus rapides pour les objets appartenant aux participants uniquement dans l'EPP. Les résultats ont également démontré une extension de la limite de la représentation de l'EPP pour les objets appartenant aux participants. Dans la deuxième étude, nous avons défini plus précisement cette interaction en démontrant que le contrôle inhibiteur était facilité pour les objets appartenant à soi, mais uniquement dans le PPS. Enfin, les études 3 et 4 ont mis en évidence les corrélats temporels et neuronaux des effets observés. Les données EEG ont indiqué que l'EPP influençait les traitements perceptifs précoces, tandis que le sens de la propriété affectait des étapes ultérieures post-perceptives, suggérant un processus séquentiel allant de l'encodage spatial à l'intégration d'informations conceptuelles de plus haut niveau. Les résultats en IRMf ont montré que les objets situés dans l'EPP activaient des régions pariétales impliquées dans le traitement sensori-moteur, avec des réponses plus fortes pour les objets appartenant à soi que pour ceux appartenant à autrui. De plus, les résultats ont montré que les activations dans les régions ventrale et dorsale du cortex préfrontal médian (mPFC) encodaient différemment les objets possédés par soi, de manière dépendante du contexte.Pris ensemble, ces résultats démontrent que le traitement des objets dans l'EPP n'est pas uniquement déterminé par leur proximité physique, mais est également modulé par des facteurs de haut niveau tels que le sens de la propriété. Dans ce cadre, la propriété constitue dans le PPS un indice contextuel qui module la sélection de l'action, en indiquant non seulement ce qui est physiquement accessible, mais aussi ce qui est socialement pertinent.

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