Généalogie du motif de la « vague » en Europe (XVIe-XXIe siècle) et construction moderne et hypermoderne de la « scène-surf » comme attraction touristique littorale
L’histoire généalogique de la peinture de marine témoigne de l’importance du motif de la vague dans la culture européenne à partir du XVIIe siècle. De nombreuses représentations de la vague commencent à apparaître en Hollande, aux Pays-Bas et en Angleterre en lien avec la puissance navale de ces nations qui dominent le monde ; l’Allemagne, la France, l’Italie et d’autres suivront. Au XVIIIe siècle, les dessinateurs, graveurs et peintres produisent de plus en plus d’images de marine, composent des paysages dramatisés à partir de la violence des « vagues » menaçant les navires de couler. Au XIXe siècle, à partir de 1850, se développe le tourisme balnéaire d’abord en Angleterre, aux Pays-Bas, en Belgique puis en France. Les thérapies marines hygiénistes autorisent une relation sensible à la vague à la fois ludique et thérapeutique. Les représentations photographiques modernes vont alors renouveler considérablement l’imaginaire touristique littoral. Au XXe siècle, à partir des années 1950-1960, la pratique du surf en Europe (déjà existante dès le début du XXe siècle à Hawaï et dans les années 1920-1930 en Californie) va bouleverser l’imaginaire paysager touristique traditionnel. Ce nouvel usage des vagues marines a fondamentalement modifié la manière de les regarder et les éprouver. La pratique du surf va alors susciter de la part des touristes le désir de vivre différemment les images-paysages suscitées par les vagues. À travers la question des images-paysages surfiques, il s’agit pour nous de penser ici une analytique contemporaine des usages touristiques littoraux. L’invention de la scène-surf a été produite à partir d’un phénomène physique : la vague constitue un phénomène esthétique de grande intensité, qui va devenir un motif majeur suscitant la production massive d’images touristiques publicitaires littorales. À l’heure où le présent précipité est devenu l’espace-temps normé de la production des énoncés et des visibilités dramatiques du social, les images touristiques surfiques, instrumentalisées par les industries créatives touristiques en tant qu’images commerciales, peuvent-elles encore constituer en tant que médialité paysagère un art de murmurer un fond commun ?
Publication Details
- Journal
- SHILAP Revista de lepidopterología
- Published
- 2024-12-01
- Primary Topic
- Psychoanalysis and Social Critique
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
- 0.00