As if it were a fiction
J’écarte d’emblée les fictions entendues comme illusoires, trompeuses, fausses, etc., pour les analyser selon un schéma d’interprétation où s’articulent une médiation, un interprète et une contrepartie effective : l’interprète s’affecte d’un effet fictionnel via une interprétation effective de traces, lesquelles sont produites par la contrepartie effective et recueillies à l’endroit de la médiation. Cet effet fictionnel se comprend comme une manière d’envelopper du rien, c’est-à-dire de donner forme à de l’il-n’y-a-pas. Au cinéma comme au théâtre, par exemple, les personnages de fiction n’ont pas de corrélat réel (ils n’existent pas, c’est de l’il-n’y-a-pas), mais ils ont une contrepartie effective (le film ou la scène, les décors, les acteurs et les comédiens, la réalisation ou la mise en scène, etc.). En ce sens, on pourra dire : pas de contrepartie effective, pas d’effet fictionnel. Au deuxième degré, le « comme si » de la formule « comme si c’était une fiction » signifie que l’idée de saisir de l’il-n’y-a-pas comme une fiction se laisse interpréter à son tour comme une construction fictionnelle au sens de ce schéma, et ainsi de suite, réflexivement, sans fin. Ce schéma d’interprétation est appliqué à des domaines divers (philosophique, scientifique et technique, aussi bien que musical, cinématographique, pictural ou littéraire), selon deux thèmes majeurs : la question de la trace, jusqu’à la trace indécelable, la trace qu’il y a encore quand il n’y a plus de trace, et la question de l’événement, dont le surgissement « doit trouer tout horizon d’attente ».
Institutions
- Sorbonne Université (FR)
Publication Details
- Journal
- SPIRE - Sciences Po Institutional REpository
- Published
- 2024-12-09
- Primary Topic
- Contemporary art, education, critique
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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