Construction en béton armé et conception technique des bâtiments urbains à la Belle Époque, en France et en Belgique (1892-1914)

L'aboutissement principal de cette thèse de doctorat est un processus historique (« historical mechanism ») qui décrit la conception technique d'un système de matériaux novateurs dans les années 1900 - le béton armé - et son application à la construction, ainsi que les caractéristiques des principaux professionnels impliqué dans son utilisation. Le processus est conçu pour aider à décrire l'influence d’approches innovantes utilisant le béton et le ciment armé dans la conception et la construction de bâtiments urbains non monumentaux au cours des dernières décennies de la Belle Époque, dans et à proximité des grandes villes francophones de Paris, Lille et Bruxelles. Le changement de technologie de construction est interprété comme la deuxième étape d’une révolution dans la conception des bâtiments métalliques qui a eu lieu entre 1892 et 1914, découlant de l'utilisation accrue du fer puis de l'acier dans la construction urbaine du XIXe siècle en France et en particulier à Paris. La première étape de cette révolution a culminé dans l’oeuvre monumentale « temporaire » de la Galerie des Machines construite pour l'Exposition Universelle de 1889 à Paris. Puis, au début des années 1890, une transition s'est déroulée vers la deuxième étape de la révolution. L'inventeur français François Hennebique (1842-1921) était un Belge d'adoption dont le système de béton armé a été techniquement codifié entre 1892 et 1897 dans une série de brevets industriels plus sophistiqués – parallèlement à d'autres approches qui, ensemble, ont contribué à la création des premières normes industrielles pour le nouveau système de matériaux. Les architectes, les ingénieurs et les entrepreneurs de la Belle Époque sont devenus réceptifs à l'utilisation de nouveaux systèmes de béton et de ciment armé dans leurs travaux, transformant les besoins des clients en exigences pour la conception et la construction de bâtiments urbains non monumentaux. Le nouveau système de matériaux est utilisé pour construire des locaux de fabrication résistants au feu et structurellement efficaces, entrepôts, banques et immeubles d'habitation. Beaucoup de ces bâtiments permettaient à plus de lumière naturelle de pénétrer à l'intérieur par une utilisation plus généralisée et plus efficace du vitrage; soit, en quelque sort, une forme française de « daylight factory » en référence à l’usine d’automobiles Ford aux Ėtats Unis. Les architectes et les ingénieurs ont appris à faire confiance à leurs capacités d’imaginer le nouveau système de matériaux à travers les aspects techniques de leur travail. En collaboration avec les entrepreneurs, ils ont acquis les compétences spécialisées nécessaires pour les appliquer aux projets de construction, s'assurer que les structures terminées reflétaient les intentions de conception originale, dans un équilibre acceptable entre technologie et esthétique. Ces entrepreneurs ont géré les risques liés à l'utilisation d'une approche technique innovante de la construction urbaine. Les libertés de conception créative exprimées dans le genre Art nouveau de l'approche éclectique qui a dominé l'architecture de la Belle Époque ont pris fin avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Une fois la paix revenue après les importantes destructions humaines et matérielles qu'a connues le Nord de la France et la Belgique, la période d'après-guerre se caractérise par la domination croissante d'une approche industrielle plus simple de l'architecture.

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2024-10-23
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Construction en béton armé et conception technique des bâtiments urbains à la Belle Époque, en France et en Belgique (1892-1914)

Diverse Scientific and Economic Studies
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Construction en béton armé et conception technique des bâtiments urbains à la Belle Époque, en France et en Belgique (1892-1914)

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Abstract

L'aboutissement principal de cette thèse de doctorat est un processus historique (« historical mechanism ») qui décrit la conception technique d'un système de matériaux novateurs dans les années 1900 - le béton armé - et son application à la construction, ainsi que les caractéristiques des principaux professionnels impliqué dans son utilisation. Le processus est conçu pour aider à décrire l'influence d’approches innovantes utilisant le béton et le ciment armé dans la conception et la construction de bâtiments urbains non monumentaux au cours des dernières décennies de la Belle Époque, dans et à proximité des grandes villes francophones de Paris, Lille et Bruxelles. Le changement de technologie de construction est interprété comme la deuxième étape d’une révolution dans la conception des bâtiments métalliques qui a eu lieu entre 1892 et 1914, découlant de l'utilisation accrue du fer puis de l'acier dans la construction urbaine du XIXe siècle en France et en particulier à Paris. La première étape de cette révolution a culminé dans l’oeuvre monumentale « temporaire » de la Galerie des Machines construite pour l'Exposition Universelle de 1889 à Paris. Puis, au début des années 1890, une transition s'est déroulée vers la deuxième étape de la révolution. L'inventeur français François Hennebique (1842-1921) était un Belge d'adoption dont le système de béton armé a été techniquement codifié entre 1892 et 1897 dans une série de brevets industriels plus sophistiqués – parallèlement à d'autres approches qui, ensemble, ont contribué à la création des premières normes industrielles pour le nouveau système de matériaux. Les architectes, les ingénieurs et les entrepreneurs de la Belle Époque sont devenus réceptifs à l'utilisation de nouveaux systèmes de béton et de ciment armé dans leurs travaux, transformant les besoins des clients en exigences pour la conception et la construction de bâtiments urbains non monumentaux. Le nouveau système de matériaux est utilisé pour construire des locaux de fabrication résistants au feu et structurellement efficaces, entrepôts, banques et immeubles d'habitation. Beaucoup de ces bâtiments permettaient à plus de lumière naturelle de pénétrer à l'intérieur par une utilisation plus généralisée et plus efficace du vitrage; soit, en quelque sort, une forme française de « daylight factory » en référence à l’usine d’automobiles Ford aux Ėtats Unis. Les architectes et les ingénieurs ont appris à faire confiance à leurs capacités d’imaginer le nouveau système de matériaux à travers les aspects techniques de leur travail. En collaboration avec les entrepreneurs, ils ont acquis les compétences spécialisées nécessaires pour les appliquer aux projets de construction, s'assurer que les structures terminées reflétaient les intentions de conception originale, dans un équilibre acceptable entre technologie et esthétique. Ces entrepreneurs ont géré les risques liés à l'utilisation d'une approche technique innovante de la construction urbaine. Les libertés de conception créative exprimées dans le genre Art nouveau de l'approche éclectique qui a dominé l'architecture de la Belle Époque ont pris fin avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Une fois la paix revenue après les importantes destructions humaines et matérielles qu'a connues le Nord de la France et la Belgique, la période d'après-guerre se caractérise par la domination croissante d'une approche industrielle plus simple de l'architecture.

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