Mon erreur d’avoir réalisé un lambeau inguinal pédiculé pour couvrir une large perte de substance cutanée du dos de la main chez une patiente obese et sous chimiothérapie ?
Le lambeau inguinal reste utile pour couvrir les larges pertes de substances cutanées de la main. Il permet de reconstruire des pertes de substance importantes avec une vascularisation fiable et une cicatrisation relativement discrète. C’est un lambeau axial qui utilise le réseau vasculaire de l’artère iliaque circonflexe superficielle. Nous illustrons les différentes complications observées d’un lambeau inguinal pédiculé choisi pour couvrir une large perte de substance cutanée du dos de la main chez une patiente obèse et sous chimiothérapie. Il s’agit d’une patiente obese (poids 79 kg, taille 156 cm, IMC 32), âgée de 71 ans, avec panicule adipeux et ptose abdominale importants, en post mastectomie d’un cancer du sein gauche, ayant présenté une extravasion au dos de la main droite d’une perfusion des produits de chimiothérapie (Trastuzumab). Une nécrose cutanée étendue du dos de la main avec extériorisation des tendons extenseurs ont été observées. Nous avons indiqué et réalisé une couverture par un lambeau inguinal pédiculé avec une échographie préopératoire de l’artère iliaque circonflexe superficielle. Les suites opératoires ont été marquées par une nécrose progressive du lambeau ayant motivé le sevrage précoce du lambeau à la fin de la 2 e semaine. Après un débridement chirurgical et obtention du tissu de granulation, une greffe à peau semi-épaisse a été réalisée avec succès. La rééducation a encadré les actes chirurgicaux. Les difficultés observées ont été : l’épaisseur graisseuse plus importante au niveau de l’aine avec difficulté de lever et de façonner le lambeau ; le pédicule du lambeau inguinal court et de petit calibre compliquant la vascularisation du lambeau et augmentant le risque de complications ; la position déclive du membre supérieur pendant un certain temps induisant des oedèmes. Quant aux conséquences de la chimiothérapie sur ce lambeau inguinal pédiculé chez notre patiente, elles auraient été sur la vascularisation et l’intégrité tissulaire, et elles pourraient avoir compromis la survie du lambeau inguinal. Nous avons commis, probablement, une erreur d’avoir réalisé un lambeau inguinal pédiculé pour couvrir une large perte de substance de la face dorsale de la main chez cette patiente obèse et sous chimiothérapie. Nous aurions, peut-être, opté pour un lambeau libre inguinal présentant plusieurs avantages pour notre patiente obèse et sous chimiothérapie, notamment sa fiabilité et sa capacité à couvrir de larges surfaces avec un tissu souple. Cependant, l’épaisseur du lambeau libre inguinal pourrait, lui aussi, poser un problème chez notre patiente obese, celui de nécessiter une dégraisse subséquente.
Authors
- Anatole Kibadi Kapay
Institutions
- University of Kinshasa (CD)
Publication Details
- Journal
- Hand surgery & rehabilitation
- Published
- 2025-12-01
- DOI
- https://doi.org/10.1016/j.hansur.2025.102489
- Primary Topic
- Reconstructive Surgery and Microvascular Techniques
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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