Autism and aphantasia: Investigating the presence of a specific cognitive profile through case studies.

L’autisme est souvent associé à une « pensée en images », caractérisée par un usage plus fréquent de l’imagerie mentale que chez les individus neurotypiques. Toutefois, l’aphantasie – définie comme l’absence d’imagerie mentale volontaire – a également été décrite comme plus fréquente dans les populations autistes. Afin d’explorer davantage ce paradoxe apparent, la présente étude vise à évaluer la présence de l’aphantasie ainsi que ses spécificités au sein de deux groupes : des individus autistes et non autistes. Un total de 85 adultes (43 autistes et 42 non autistes) ont complété le Vividness of Visual Imagery Questionnaire (VVIQ), le Object-Spatial Imagery and Verbal Questionnaire (OSIVQ), le Mental Rotation Test et le Visual Pattern Test . Le groupe autiste a rapporté des compétences verbales plus faibles, tout en montrant une performance supérieure en mémoire visuelle de formes. Aucune différence significative n’a été observée entre les groupes concernant la vivacité de l’imagerie mentale. Dans l’échantillon, six participants (trois autistes, trois non autistes) répondaient aux critères d’aphantasie, définie par un score VVIQ inférieur à 32. Les profils cognitifs de ces six individus ont été analysés à travers les différentes tâches. Bien que certaines personnes aphantasiques aient conservé des capacités d’imagerie spatiale, cela n’a pas été systématique. Les individus non autistes avec aphantasie présentaient de meilleures compétences verbales que leur groupe de référence – un schéma non retrouvé chez les participants autistes aphantasiques. Notre étude n’a pas reproduit les résultats précédents indiquant une prévalence plus élevée de l’aphantasie chez les personnes autistes, ni mis en évidence un profil cognitif distinct au sein de ce groupe. Néanmoins, ce travail exploratoire suggère que des mécanismes compensatoires différents pourraient être mobilisés face à l’absence d’imagerie mentale, selon que l’on soit autiste ou non.

Authors

Institutions

Publication Details

Journal
L’Année psychologique
Published
2026-03-31
DOI
https://doi.org/10.3917/anpsy1.261.0075
Primary Topic
Autism Spectrum Disorder Research
Type
article
Field-Weighted Citation Impact
0.00
Controls
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article

Autism and aphantasia: Investigating the presence of a specific cognitive profile through case studies.

Lucie Bouvet, Isabelle Soulières, Clara Bled
L’Année psychologique
Autism Spectrum Disorder Research
article

Autism and aphantasia: Investigating the presence of a specific cognitive profile through case studies.

Lucie Bouvet, Isabelle Soulières, Clara Bled
article en

Abstract

L’autisme est souvent associé à une « pensée en images », caractérisée par un usage plus fréquent de l’imagerie mentale que chez les individus neurotypiques. Toutefois, l’aphantasie – définie comme l’absence d’imagerie mentale volontaire – a également été décrite comme plus fréquente dans les populations autistes. Afin d’explorer davantage ce paradoxe apparent, la présente étude vise à évaluer la présence de l’aphantasie ainsi que ses spécificités au sein de deux groupes : des individus autistes et non autistes. Un total de 85 adultes (43 autistes et 42 non autistes) ont complété le Vividness of Visual Imagery Questionnaire (VVIQ), le Object-Spatial Imagery and Verbal Questionnaire (OSIVQ), le Mental Rotation Test et le Visual Pattern Test . Le groupe autiste a rapporté des compétences verbales plus faibles, tout en montrant une performance supérieure en mémoire visuelle de formes. Aucune différence significative n’a été observée entre les groupes concernant la vivacité de l’imagerie mentale. Dans l’échantillon, six participants (trois autistes, trois non autistes) répondaient aux critères d’aphantasie, définie par un score VVIQ inférieur à 32. Les profils cognitifs de ces six individus ont été analysés à travers les différentes tâches. Bien que certaines personnes aphantasiques aient conservé des capacités d’imagerie spatiale, cela n’a pas été systématique. Les individus non autistes avec aphantasie présentaient de meilleures compétences verbales que leur groupe de référence – un schéma non retrouvé chez les participants autistes aphantasiques. Notre étude n’a pas reproduit les résultats précédents indiquant une prévalence plus élevée de l’aphantasie chez les personnes autistes, ni mis en évidence un profil cognitif distinct au sein de ce groupe. Néanmoins, ce travail exploratoire suggère que des mécanismes compensatoires différents pourraient être mobilisés face à l’absence d’imagerie mentale, selon que l’on soit autiste ou non.

L’Année psychologiqueVol. Vol. 126(1)
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Autism Spectrum Disorder Research
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