Relationship writings. Comparaison between Édouard Glissant, Luigi Meneghello and Salman Rushdie
Le sujet de cette thèse est le rapport entre monde et littérature au tournant du vieux et du nouveau millénaire, à la lumière des processus de mondialisation et de créolisation qui ont complexifié les notions de contact, de langue, d'identité et de lieu. En particulier, la thèse se propose d'analyser les similarités et les divergences entre les poétiques et les romans d'Édouard Glissant, Luigi Meneghello et Salman Rushdie selon quatre axes principaux : 1) la mondialisation du fait littéraire (Littérature-Monde) et les mouvements dans le champ littéraire transnational ; 2) la réflexion et forme romanesque spécifique adoptée, que nous définissons comme roman-monde, et sa relation à la fois avec le global novel et avec la tradition occidentale du roman ; 3) une approche rhizomatique et relationnelle à l'auctorialité et à l'identité, ainsi que les stratégies narratologiques qui en découlent (narrateur-rhizome, multifocalité) ; 4) les rapports entre langue écrite et langue orale, langue dominante et dominée, le translinguisme, la centralité de la poétique de la traduction et l'intertextualité transculturelle. La poétique de la relation chez Glissant naît de la recherche d'une langue/identité pour le sujet martiniquais, déchiré entre le français (langue écrite du colonisateur) et le créole (oral). Le contexte antillais est pour Glissant un modèle, car dans la contemporanéité le monde entier se créolise (les identités s'hybrident de manière violente et imprévisible) : à l'identité-racine occidentale, Glissant oppose l'identité-relation, fondée sur l'interaction avec l'altérité. L'écrivain du tout-monde écrit « en présence de toutes les langues du monde » : l'écriture est une pratique multilingue, non générée par le génie de l'auteur, mais par des processus de traduction entre les langues. La « dispatriation » (dispatrio) est le foyer générateur de la poétique de Meneghello : ses traductions de l'anglais vers l'italien, en passant par le dialecte vicentin, ainsi que sa recherche universitaire à Reading, caractérisent une forme-de-vie transculturelle. Le sujet « dispatrié » trouve sa stabilité dans le mouvement perpétuel à courant alternatif entre des pôles identitaires. Ses romans sont le lieu d'un interplay basé sur : la défascisation de la langue italienne par des passages libres entre les langues, et le dépassement des modèles du réalisme et du néoréalisme grâce à des contaminations poétiques, anthropologiques et essayistiques. Rushdie interprète sa condition migrante (Bombay, Karachi, Londres, New York) à travers la poétique de l' « homme-traduit » : hybrider dans sa propre identité différentes langues, langages et cultures dans une perspective transculturelle. Rushdie écrit dans un anglais créolisé par les rythmes, les musiques et les lieux de l'hindi/ourdou. Sa condition auctoriale permet de comprendre la nature imaginée des nations : Rushdie réécrit le roman bourgeois occidental à travers une narration polyphonique, un récit de la foule dans lequel l'écrivain se rhizomatise. Il s'agit d'une narration orale sous forme écrite, d'une déconstruction de l'histoire officielle à travers une prolifération des microhistoires.
Authors
- Mattia Bonasia (ORCID: https://orcid.org/0000-0002-1398-442X)
Publication Details
- Journal
- theses.fr (ABES)
- Published
- 2025-09-22
- Primary Topic
- Caribbean and African Literature and Culture
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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