Question de confiance. Avant-propos
Sans confiance, il serait même impossible de se lever le matin.Niklas Luhmann En un temps où le lexique du fiduciaire est sollicité presque toujours sur son versant négatif – défiance, discrédit, incrédulité –, placer cet atelier de recherche sous le signe positif de la « confiance » ne signifie pas pour autant se livrer à une série de considérations lénifiantes sur ce que cette notion suppose et autorise : bien plutôt, il s’agit par ce biais (« se fier à ») de revenir à la source du fiduciaire, à la fides latine – signifiant à l’origine non pas « foi » mais bien plutôt vertu d’engagement dans la cité, ou à strictement parler sociabilité rituelle autorisant une confiance réciproque (prolongement du pistis grec). Benveniste, dans son Vocabulaire des institutions indo-européennes, précise même que, bien plutôt que « confiance », fides désignerait « la qualité propre d’un être qui lui attire la confiance et s’exerce sous forme d’autorité protectrice pour qui se fie en lui » [Benveniste 1969, p. 118] : quelque chose comme le « crédit » dont on dispose, et qui sert de garantie (auprès des dieux ou de la cité). Et il ajoute qu’en rhétorique, fides désigne la crédibilité du discours. La notion est donc proche, ou complémentaire, de celles d’auctoritas et de postestas (voire de gravitas) : celui qui détient la fides (celui en lequel on place sa fides) protège et garantit, mais aussi soumet à l’obéissance. Il convient donc d’interroger, sans irénisme aucun, la façon dont la notion d
Authors
- Angela M. James (ORCID: https://orcid.org/0000-0002-6851-234X)
- Emmanuel Bouju
Publication Details
- Published
- 2024-11-30
- DOI
- https://doi.org/10.58282/colloques.12726
- Primary Topic
- Social Sciences and Governance
- Type
- article
- Field-Weighted Citation Impact
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